Le Pauvre Songe
Editions
 

Le pauvre songe
Arthur Rimbaud

 
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Vient de paraître, juillet 2021
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Christian DUCOS

Triptyque 4

encres et poèmes en écho

3 feuillets pliés non reliés sous couverture cartonnée

8 €

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Le Pauvre songe

12, rue de la République

33790 PELLEGRUE

note de lecture "Plic ! Ploc !"

Merci à Marc Wetzel pour sa belle note de lecture du recueil de haïkus Plic ! Ploc !

de Christian Ducos, parue dans Poezibao, le 22 avril 2019.

note de lecturehttps://poezibao.typepad.com/poezibao/2019/04/note-de-lecture-christian-ducos-plic-ploc-par-marc-wetzel.html

 

(Note de lecture), Christian Ducos, Plic ! Ploc !, par Marc Wetzel

 

Christian Ducos  Plic ! ploc!Rien ne peut être héroïque dans un haïku (qui exclut l'exceptionnel, même dans le mal) ; rien ne peut être grandiose (jamais la justesse ne s'étale ni n'abonde) ; rien ne peut être dramatique (on sait d'avance qui va gagner ou perdre, et c'est le monde, unique acteur, seules source et issue de toutes les tensions). Cela n'exclut, pourtant, respectivement, ni la vaillance, ni la noblesse, ni la gravité.

Une première force de la poésie de Christian Ducos est qu'elle sait apprivoiser le devenir. Bergson a tort : la discontinuité, la solidité, la répétitivité des mots peuvent ne pas trahir ou dénaturer la continuité, la fluidité, le jaillissement de nouveauté du courant des choses. Il suffit de restituer comment le réel en est arrivé là, et de suggérer ce que signifie « se produire ». La parole inspecte les points de départ et d'arrivée de l'état de choses, se glisse à l'intérieur de l'élan d'existence, colonise la métamorphose en cours, magnifie le processus, célèbre en tout comme une transfiguration actuelle. Ainsi le poète ne dit plus « je suis chauve », « le bouquet se fane », « vieillesse ennemie », ou même « un batracien progresse » mais :

« le temps a passé
sa main dans mes cheveux
et les a gardés 
» (p. 18)

« de temps à autre
au pied du vase
un pétale 
» (p. 21)

« dernières bougies
les plus difficiles
à souffler
 » (p. 49)

« de lotus
en lotus
la grenouille
 » (p. 19)

Cette merveilleuse impression qu'ici le temps devient capable de se formuler lui-même vient de l'art qu'a Christian Ducos de saisir et fixer, comme de l'intérieur, la nécessité des états successifs. Ici, pas de psychologie (les hommes n'y réagissent pas les uns aux autres), pas de technologie (les hommes ne réagissent pas à l'indifférence du monde), pas d'écologie non plus (le monde ne réagit pas aux caprices des hommes), mais le compte-rendu, incessant et exclusif, d'une réaction du monde à lui-même. Que la nature agisse toujours par les voies les plus simples, au mieux (en tout cas au moins mal), jamais en vain (elle ne produit que des catastrophes recyclables), par une sorte de sagesse sans conscience (elle nous laisse lire des fossiles qu'elle n'a pas écrits, elle renonce à produire ce qu'elle échoue à reproduire …), voilà l'atelier immanent de la réalité, son auto-archivage dynamique, ses coulisses sans paravent, dont le serein haïkiste se fait secrétaire extralucide et espion rieur :

« le corbeau se pose
la branche
ne tremble pas 
» (p. 30)

« le temps fraîchit
son chant faiblit
la cigale
 » (p. 35)

« avant ce vol parfait
larve au fond de l'étang
la libellule 
» (p. 54)

Exemple parfait, ainsi, d'un avant-match vu du seul monde :

« pelouse baignée de soleil
dans quelques secondes
une pluie de crampons 
» (p. 50)

Et les rares fois où l'homme intervient, c'est donc mains nues, l'esprit comme facultatif, le cœur soucieux du seul équilibre :

« jusque dans la haie voisine
fermement raccompagnée
l'araignée du salon 
»  (p. 48)

Les rares fois où les hommes interagissent, c'est une pitié impavide qui vient constater leur nature injuste, en enregistrant comme des épidémies d'exclusion, des inondations d'abandon, des séismes de barbarie :

« quelle tristesse
tout le monde dans son chez-soi
sauf ceux qui n'en ont pas 
» (p. 54) 

Christian Ducos est un homme profond, qui demande (au-delà du joli, du pittoresque, du sublime même) ce que pourrait bien être la beauté pour elle-même. Sa question est quelque chose comme : l'harmonie, hors de l'homme, a-t-elle besoin de s'apparaître ? Et le sourire énigmatique d'un mucus gluant (à la fois, chez les gastéropodes, lubrifiant de chaussée, colle à grimpette et sécrétion d'un tapis médicinal) nous répond :
   
« même sur la beauté
elle baverait
la limace
 » (p. 56)

Ce que dit la courte et forte préface de ce recueil (que la constitutive fadeur du haïku est sans naïveté, qu'il est une « bêche qui creuse au cœur du banal jusqu'à heurter le roc du réel », qu'il paralyse le sens pour nous figer dans le silence qui le contient, - et même que ce sens se dérobe quand il ne renvoie qu'à lui-même, exactement comme s'abolit pour elle-même la nature dans le circuit géant, mais fermé, de sa présence) en électrise et affine la lecture, levant toute prévention de butineur circonspect de ces microcosmiques trouvailles, comme le dit merveilleusement l'une d'elles :

« bouquets parfaits du fleuriste
le papillon
hésite
 » (p. 50)

Humour stoïcien d'un auteur – comme délicat chirurgien de l'étoffe des choses – qui, par le seul inventaire des moyens de présence légitimes et suffisants du monde, aide à pardonner à la mort :

« la terre tourne
jusqu'à ce qu'un jour
sur nous elle se retourne » (p.37)

Marc Wetzel

 

Créées en 2010 par Christian Ducos, avec comme projet de travailler à la promotion d'une littérature de recherche dans le cadre d'une structure non industrielle, les éditions Le Pauvre Songe, publient de brefs recueils de poésie et de prose, pour la plupart cousus à la main.

 

Entretien avec Christian Ducos

Merci à Laurine Rousselet pour cet entretien avec Christian Ducos, article paru le 21 février 2019, dans la revue Éclairs,  la revue numérique de l'ALCA (Agence Livre, Cinéma & Audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine):

http://eclairs.aquitaine.fr/christian-ducos-un-poete-en-meditation.html

Dernière parution (janvier 2019)
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Abdelmajid Benjelloun  


Un ruisseau de paradis

recueil d'aphorismes

enrichi de cinq encres originales de l'auteur

 

 Merci à Laurent Albarracin pour cette note parue dans Poezibao le 14 mars 2019

Note de lecture), Abdelmajid Benjelloun, Un ruisseau de paradis, par Laurent Albarracin



AB Couv 001 (002)On le sait, il y a en gros deux tendances dans l’aphorisme, deux pentes qui l’entraînent dans des directions diamétralement opposées, encore qu’elles puissent se rencontrer, parfois, au bout de leur exténuation. La première a à voir avec le scepticisme, avec l’humour dévastateur, avec l’à quoi bon. Cette veine-là réduit tout à rien, mène à la vanité de tout et aux vertiges de la raison. C’est la veine des moralistes et de Lichtenberg, qui débarrasse toute chose de son évidence et le couteau de sa lame et de son manche. La deuxième fait d’un rien un tout inclusif, rapporte la moindre chose à un sacré, c’est la veine des mystiques. L’une prend le pli amer de la désillusion, l’autre affiche le sourire de la béatitude. L’une fait de l’esprit et l’autre fait de l’âme. L’une cherche le trait et la pointe, l’autre se contente d’un ruisseau.

Les aphorismes du marocain Abdelmajid Benjelloun appartiennent résolument à la deuxième catégorie. Quelques thèmes, très peu (le ruisseau, la pierre, le ciel, la lumière, la femme, Dieu), lui suffisent pour donner du fil à retordre à son sentiment poétique. Il y revient comme à un mystère que son approche reconduit. L’aphorisme n’est pas alors la quête d’une formule définitoire et définitive, mais une clef confiée au hasard, à la rencontre, à la beauté soudaine et vive. La formule ne cherche une concision que pour se lover dans le moindre interstice. La brièveté ne réduit pas une chose à rien mais la rapporte à un tout, à une totalité englobante. Le lapidaire ne prône pas l’aridité mais se coule dans un silence énigmatique. Le lapidaire, chez Benjelloun en tout cas, c’est quand une chose se livre corps et âme à son énigme :

Par l’immobilité, la pierre a tout simplement l’orgasme de l’oubli d’elle-même.

J’aime la pierre car elle fait autorité dans l’oubli.

L’on y pense jamais, mais une pierre s’étend dans le monde au moins par son silence.

Immobilité comme communication supérieure, silence comme nappe qui relie tous les reliefs, qui replonge les saillies dans leur profonde unité, la poésie aphoristique et la spiritualité de Benjelloun, nourrie de soufisme (Rûmî) et de panthéisme, visent à une sorte de sainteté naturelle, ordinaire. Elle fait vœu de simplicité. Quand elle est moralisante, ça n’est jamais que pour se rappeler la plus saine et simple des attitudes :

M’inscrire en vrai dans un monde faux et sournois.

Mystique, certes, cette parole, mais sans se targuer d’une expérience hors du commun. Ce qui transcende les choses et le monde est tout de suite là, « à bâbord », dit-il. Il ne s’agit pas de faire part d’une connaissance singulière ni même d’une espérance particulière à l’endroit du paradis. L’ascension suffit, le détachement, le voyage, non le but :

Monter à ma mort. Sans plus.

Laurent Albarracin


Abdelmajid Benjelloun, Un ruisseau de paradis, Aphorismes, Préface de Christian Ducos, éd. Le Pauvre songe, 2019, 11 €
Au catalogue
de Laurent Albarracin :
 
                                   - Le Monde (septembre 2013)
 
 
         de Abdelmajid Benjelloun : 

Un ruisseau de paradis (janvier 2019) 

 
de Jean-Paul Michel :
 
                                   - Premiers livres (décembre 2012)

 
de Christian Ducos :

 - Triptyque 4 (juillet 2021)

Le chaînon bleu (novembre 2018)

                                   - un ensemble de trois recueils de 16 pages chacun,

                                      format accordéon, livrés sous enveloppe japonaise

                                      sous le titre Collection accordéon ( décembre 2017) :    

                                       L'éclair, sur quoi d'autre bâtir... (aphorismes) 

                                       Haï /12/ coups de minuit (Haï/kus)

                                       La barque vide, suivi de Le dernier tram (récits brefs)


                                   - Triptyque 3 (mars 2017)

 

                                   - Triptyque 2 (janvier 2016)

 

                                   - L'état des lieux (septembre 2013)

 

                                   - Pourquoi Rimbaud (septembre 2013)

 

                                   - Rimbaud ou l'expérience de la soif  (mars 2012)

 

                                   - Le vol du papillon   (mars 2012)

 

                                   - Triptyque  (mars 2012)

 

                                   - Une branche et des miettes de brume (avril 2011)

 

                                   - Douze bougies pour éclairer la lune (juin 2010)

 

                                   - Trois Poèmes (février 2010)

 

 
 
Chez d'autres éditeurs

de Christian Ducos

 

  • Au Cadran Ligné  :

 Dans l'indifférence de l'arbre

(septembre 2015)

(quelques extraits ont paru antérieurement dans le n° 51 de la revue Voix d'encre)

 

La source 

(octobre 2011)

 Collection recueils d'un seul poème

 

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Le Cadran ligné

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  • Chez Jean-Pierre Paraggio, Collection de l'umbo (printemps 2015) :

 Le bruit de l'encre

(encres et poèmes)

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jeanpierreparaggio@yahoo.fr

 

Notes de lecture


Autour de deux textes de Laurent Albarracin : 
- Explication de la lumière, Dernier Télégramme, 2010
- Le Déluge ambigu, Collection de l'Umbo, 2010

L'impromptu numéro trois, Bulletin de L'Umbo, 2011

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